Harriet Howard

Elle avait vingt‑trois ans lorsqu’elle rencontra ce prince en exil à Londres  en 1846.
Dans le salon de Lady Blessington, Harriet Howard, actrice, femme du monde, déjà très riche, croise le regard de Louis‑Napoléon Bonaparte. Il n’est encore qu’un prétendant, un homme qui rêve plus qu’il ne règne, mais elle voit immédiatement la fièvre dans ses yeux : celle de ceux qui veulent un destin.

Harriet n’est pas une ingénue. Elle a connu les illusions, les amants, les chutes et les recommencements. Mais cet homme-là lui demande autre chose : de croire en lui.
Et elle y croit. Pendant six ans, de 1846 à 1852, elle devient son refuge, son soutien, sa force financière et affective. Elle vend des bijoux, engage sa fortune, paie ses dettes, finance ses journaux, ses réseaux, ses campagnes. Elle l’accompagne dans l’ombre, dans les conspirations, dans les espoirs déçus. Elle lui donne même un fils, Martin‑Constantin, qu’il reconnaît officieusement.

Lorsque Louis‑Napoléon devient président de la République en 1848, Harriet est toujours là, discrète mais indispensable. Elle connaît ses hésitations, ses impatiences, ses ambitions. Elle sait qu’il vise plus haut. Elle sait aussi que son propre rôle devra s’effacer. En 1852 le coup d’État réussit. Le prince-président devient empereur. Harriet comprend que l’histoire va la laisser derrière. Elle reçoit un domaine, une rente, des compensations. On la remercie avec élégance, mais on la prie de disparaître.

Le mariage impérial avec Eugénie de Montijo, en janvier 1853, scelle définitivement la fin de leur histoire.

Harriet s’éloigne, digne, blessée, mais jamais brisée. Elle meurt en 1865, à quarante‑deux ans, après avoir été l’une des femmes les plus décisives et les plus effacées de l’ascension de Napoléon III.

 

©Droits d'auteur. Tous droits réservés.

Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions

Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.